La presse, l’un des principaux instruments garantissant le bon fonctionnement de notre démocratie semi-directe en assurant aux citoyen·ne·s des informations de qualité, est de plus en plus mise à mal pour des questions de financement. Les Jeunesses socialistes romandes en appellent aujourd’hui à l’État pour en assurer la survie.

 

Dans son édition papier du jeudi 26 mars dernier, le journal Le Temps titrait : « la presse romande survivra-t-elle au virus ? » Valère Gogniat, l’auteur de l’article en question présentait alors le problème que rencontrent en ce moment toutes les enseignes de presse, en l’occurrence romandes : malgré l’importante croissance de leur lectorat en ligne, à la recherche d’informations sûres et de qualité, leurs financements par les annonces publicitaires ont tout simplement été supprimés. Et l’auteur de rappeler que « même si leur importance a diminué ces dernières années, elles [les annonces] génèrent toujours la majorité des revenus des médias. » (p.3) Les conséquences sont lourdes : ce n’est pas que l’édition papier qui doit être abandonnée, mais également des collaboratrices et collaborateurs qui sont mis·e·s au chômage partiel, ou la pagination de chaque édition qui décroît avec le temps. Pire, avec cette crise risque de créer de véritables « déserts médiatiques » dans certaines régions, avec la possible disparition de la presse locale (La Côte, Le Quotidien Jurassien, Le Nouvelliste, etc.).

 

La précarité de la situation financière des médias en Suisse, particulièrement celle de la presse écrite et régionale, n’est plus un secret pour personne, et ce depuis des années. La principale solution qui a été trouvée pour palier à ce problème, dans de nombreux pays dont la Suisse, inquiète les Jeunesses socialistes romandes : un grand nombre de titres ont été rachetés par de riches entrepreneur·euse·s, aux allégeances et aux ancrages politiques souvent clairement identifiés, comme c’est le cas en outre-Sarine avec la main basse de l’UDC Christoph Blocher sur 25 titres gratuits alémaniques dès 2017 et sa tentative échouée d’acquisition de Lausanne Cités et du GHI en romandie en 2018, le tout sous couvert du groupe Zeitunghaus SA (ex-BaZ Holding) dont il est co-propriétaire, selon la RTS.

 

Or, la presse, qui montre plus que jamais son importance dans la crise actuelle, est l’un des instruments essentiels de la démocratie : elle permet la circulation de l’information dans toute sa variété et assure le bon renseignement des citoyennes et des citoyens avant qu’ils et elles ne fassent leur choix, crucial, devant les urnes. Elle ne peut cependant exercer ce rôle avec efficience, si son indépendance n’est pas garantie. Il est dès lors absolument inacceptable que des acteurs aussi marqués idéologiquement que des Christoph Blocher en Suisse, des Daniel Kretinsky en France ou des Rupert Murdoch dans le monde anglo-saxon aient une mainmise de plus en plus monopolistique sur ces médias. C’est là que doit à tout prix intervenir l’État, seule entité pouvant assurer le financement de la presse qui soit à la fois sous le contrôle de la population et qui doive agir en toute transparence.

 

Dans le Canton de Vaud, le « Projet de décret instituant des mesures de soutien à la diversité des médias », réponse du Conseil d’État au postulat de notre camarade Valérie Induni (PSV), qui sera soumis dans les temps qui suivent au Grand Conseil, proposait déjà une promotion de la presse écrite. Celle-ci incluait notamment un kiosque virtuel, des abonnements préférentiels pour les jeunes, une augmentation des dépenses publicitaires et un soutien à la presse nationale et à la formation des journalistes (art.3 al. 1) – le tout correspondant à une dépense publique estimée à 6,2 millions de francs suisses sur 5 ans. Au vu de la situation critique actuelle, et tout en saluant cette première mesure, nous estimons que le soutien public à la presse doit être à tout prix grandement renforcé.

 

C’est pourquoi les Jeunesses socialistes romandes (Vaud, Genève, Fribourg, Neuchâtel, Jura, Valais) en appellent aujourd’hui à leurs autorités cantonales respectives. Celles-ci doivent impérativement et rapidement mettre en place un plan de soutien financier pour la presse écrite qui garantisse l’indépendance idéologique complète de celle-ci et la fasse tendre à la gratuité pour nos concitoyennes et concitoyens. C’est là une mesure absolument cruciale pour le bon fonctionnement de notre système démocratique semi-direct.

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